S’enraciner dans l’instant présent

S’enraciner dans l’instant présent, c’est aussi prendre appui dans la profondeur de l’être, à travers l’attention portée aux sensations corporelles.

Le corps est comme il est

Vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie jusqu’ici, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer. On peut sans doute modifier la forme du corps à partir de régimes alimentaires et d’exercices appropriés, et on est bien sûr libre de le faire (pourquoi pas) mais là n’est pas ici notre propos.

Nous parlons du corps, comme lieu de résidence, comme moyen de s’incarner dans la vie, de s’enraciner dans le présent, pas comme d’un instrument au service de l’ego, ou comme image de soi à laquelle s’identifier.

Notre propos dans cet article est d’indiquer un moyen d’être mieux disponible aux autres pour offrir un coaching plus profond et plus fin (voir : coacher en profondeur)

 

S’enraciner dans l’instant présent en coaching

Pour qu’il y ait relation entre le client et vous, il faut déjà que vous soyez là, vous-même !

Comment voulez-vous être en relation, être « dans » la relation avec l’autre, si vous êtes tellement décorellé de votre vraie nature, tellement désinvesti de votre corps, tellement désincarné de l’instant présent, qu’on pourrait dire que la qualité de votre présence est faible, un peu comme si vous n’étiez pas vraiment là…

Dans un entretien de coaching par exemple, si vous n’êtes que dans votre tête, vous vous coupez en partie de vos émotions et de vos sensations, et vous n’êtes là qu’au tiers de vous-même (en admettant qu’on divise l’énergie en trois tiers : 1/3 pour l’attention accordée au corps, 1/3 pour les émotions et les sentiments, 1/3 pour la tête).

Si, d’un autre côté, vous vous laissez embarquer par vos émotions, vous ne maîtrisez plus votre propre corps, vos pensées sont altérées, vous êtes sur déterminés par des réactions à la fois psychologiques et hormonales, qui vous font décider n’importe quoi. « Vous » n’êtes pas vraiment là non plus : des réactions en vous (qui ne sont pas vous) pilotent la relation, qui glisse immanquablement vers des communications creuses. Et c’en est fini des relations vraies, sur lesquelles comptait le coaching pour faire évoluer le client.

Si vous voulez que la relation de coaching soit saine,  il faut que vous soyez présent, avec votre attention éveillée, au niveau de la tête pensante, au niveau du coeur vibrant, et au niveau du corps sensible. Alors votre écoute sera complète sur les trois niveaux.

 

Pour travailler la qualité de votre Présence et développer des relations vraies, vous devez lâcher prise pour mieux accepter l’instant présent, avec TOUT ce qu’il contient, sans restriction.

C’est probablement le chemin d’une vie d’y parvenir.

Mais, en chemin, vous découvrirez qu’il y a en quelque sorte deux espaces distincts à l’intérieur de vous-même :

  • l’espace de devant (qu’on peut ressentir dans le front peut-être), c’est depuis cet espace que vous vous identifiez à ce que vous croyez être, mais que vous n’êtes pas : le corps, les pensées, le personnage social, la personne et sa personnalité…
  • l’espace à l’arrière de vous-même, un espace sans dimension précise mais  vaste, où il y a perception, et où il y a Présence qui perçoit (mais vous ne pouvez pas dire qui est présent et perçoit). C’est à la fois évidemment vous (et pas quelqu’un d’autre) mais ce sujet qui perçoit et que vous êtes n’est pas réduit à votre petite personne, vous êtes en quelque sorte un peu détaché, moins impliqué, il y a là manifestation de la Présence aimante et acceptante que vous êtes… C’est comme un deuxième personnage en vous, qui est présent (qui est « présence » même, pourrait-on dire), et qui est plus vaste et stable que votre personnalité, ce « moi » désigné ordinairement par votre nom. Votre « moi » a l’impression d’un autre, alors que ce serait plutôt ce « moi » qui est un autre, tandis qu’en fait « vous » êtes peut-être vraiment cette seconde présence… Ici tout est affaire d’expérience, il n’y a donc pas à théoriser et encore moins dogmatiser.

 

Qualité d’écoute

Avec l’écoute flottante, nous expérimentons une autre manière de s’enraciner dans l’instant présent et de cultiver des relations authentiques, une manière d’offrir un miroir à la fois, bienveillant, chaleureux et sans concessions au client :

  • Chaleureux et bienveillant, parce que vous êtes là, avec votre coeur et votre attention à ce que ressent le client
  • Sans concessions, parce que dans le miroir, le client peut SE voir. S’il y regarde attentivement, il n’y verra pas seulement sa personnalité extérieure mais aussi son être profond : ce qui peut être déstabilisant pour la personnalité extérieure…

 

Quand vous êtes présent à l’instant présent,  vous êtes bien plus vaste qu’un homme ou une femme, un coach ou un client, une personne en forme ou une personne fatiguée, etc… Toutes ces étiquettes mentales sont des considérations extérieures, qui n’ont rien à voir avec l’expérience immédiate d’être là, juste là, sans aucun commentaire intérieur…

Entrer dans cet état de Présence en coaching est assez difficile, non pas parce que c’est « compliqué » mais au contraire parce que c’est trop simple pour pouvoir en faire une préoccupation mentale.

  • Ce n’est pas un problème à adresser, il n’y a donc pas de solution à trouver puisque c’est en soi une solution…
  • Ce n’est pas non plus quelque chose à « faire », comme s’il s’agissait par exemple d’un plan de conscience à explorer ou « conquérir ».
  • C’est un état qui est déjà là, tout le temps, sous le niveau ordinaire des préoccupations diverses du quotidien. On peut laisser émerger cet état de présence quand on cesse de le parasiter avec des agitations (nombreuses et variées).

Et il n’y a pas besoin de se contrôler pour empêcher les agitations, il suffit de « voir » ces agitations pour ce qu’elles sont (des mouvements à la surface de la conscience, comme des vagues à la surface de la mer), ne pas les manipuler, ne pas les commenter, juste les voir et ne pas s’y identifier. C’est une façon de les accueillir et de les contenir en soi, en étant plus vaste qu’elles.

 

Etre présent

 

Dans cet état de présence, qu’on peut juste explorer au fur et à mesure qu’il se déploie, à son rythme, à sa manière, il se passe quelque chose en soi qui est très intéressant en coaching. C’est que cet état de présence (que vous êtes) est contagieux, qu’il irradie en quelque sorte et contamine positivement votre client. Quand vous êtes dans cet état de présence à vous-même, à l’autre et à la situation, cela invite le client à vous rejoindre dans ce même état, depuis l’intérieur de lui-même, où il mobilise naturellement ses propres ressources de lucidité et de sérénité. Cet état vous n’y entrez pas pour « faire » quoi que ce soit en rapport avec le client, vous le « faîtes » parce que c’est votre nature (et en ce qui vous concerne : c’est aussi votre job !).

Cela permet à la situation de se clarifier d’elle-même, de se desserrer, de devenir elle aussi plus vaste et beaucoup moins grave et dramatique qu’elle n’apparaissait antérieurement. Dans cet état de présence partagé, on peut facilement prendre de la distance par rapport aux émotions liées aux enjeux, parce qu’elles apparaissent comme des contenus, des phénomènes passagers et de moindre importance. Dans cet état de présence, même un dragon passant dans le ciel et semant la terreur derrière lui, ne ferait que passer dans le champs de votre conscience, et ne serait pas plus important qu’un nuage qui apparaît, puis disparaît, tandis que vous êtes là et que ses flammes ne brûlent pas le ciel que vous êtes…

Qui est là, quand vous êtes là (dans cet état de présence) ? Qu’est-ce que la Présence, qui se manifeste, en quelque sorte, quand vous cessez de penser pour être enfin là, calme et clair ? On ne sait pas !

Mais ce qui est sûr c’est que c’est là quand vous êtes là, que cela respire, cela est conscient, cela vit, cela connaît, cela aime… et cela coache !

Votre mental, lui, ne peut pas « comprendre » (il ne peut comprendre, c’est-à-dire «prendre en soi », contenir ce qui est plus vaste que lui et le contient), mais vous, vous comprenez : vous êtes !

Dans cet état de présence à l’instant présent, vous êtes avec votre client, profondément à l’écoute, mais avec légèreté, sans gravité, sans pesanteur, sans concentration excessive…

 

 

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